Depuis 2002, les inégalités se creusent de nouveau : c'est l'un des enseignements, et pas le moins inquiétant, du "Portrait social, édition 2007" publié par l'INSEE. Le mouvement de réduction des inégalités de niveau de vie et de pauvreté, régulier depuis les années soixante-dix s'éssouffle depuis 2002. Ceux qu'on appelle, pour aller vite, "les riches" sont à la fois de plus en plus riches et de plus en plus nombreux. Mais à l'opposé, le nombre de personnes qui, en France, vivent en dessous du seuil de pauvreté reste considérable: 7, 1 millions de personnes, gagnent moins de 60% du revenu médian, soit moins de 817 euros par mois. Le constat de l'INSEE n'est pas une surprise. D'autant que par ailleurs, les couches moyennes salariées sont, elles, touchées de plein fouet par la flambée de l'immobilier, qui entame largement leur pouvoir d'achat. Les premières mesures prises par Nicolas Sarkozy vont accentuer cette tendance. Le paquet fiscal a donné des avantages énormes aux familles les plus aisées via notamment le bouclier fiscal. Un terme guerrier qui, d'ailleurs montre bien la vision que les puissants ont des inégalités sociales. Il leur faut un "bouclier" pour se protéger des menaces du peuple et d'un Etat jugé un peu trop redistributeur. Le constat est d'autant plus inquiétant que les inégalités ne sont pas que financières. Il y a aussi toutes les inégalités dans le rapport au travail, à la vie, aux loisirs, à la mort, à la santé, à la famille etc ... La France "modeste" fait face à un individualisme négatif. C'est à dire qu'elle perd ses lien sociaux, de voisinage, parceque l'argent manque pour aller au théâtre ou au cinéma, parceque la famille est éclatée dans tous les coins de France, phénomène accentué par le nombre de divorces. Du coup, les liens de solidarité disparaissent.