L'ENVERS DE L'HISTOIRE COMTEMPORAINE
Par rognac le mercredi 7 octobre 2009, 12:16 - Lien permanent
Entretien avec Luc Foulquier Ingénieur et chercheur, pionnier de l’écologie scientifique en France, Luc Foulquier s’attache à démonter le mécanisme pervers d’une taxe carbone en forme d’escroquerie intellectuelle, et il imagine d’autres pistes...
L'envers de l'histoire contemporaine :
8 septembre 2009
Ses dossiers à portée de regard, la référence à Engels à portée de rêve, Luc Foulquier n’en démord pas. Pour lui la cause est entendue depuis longtemps. Remettre le couvert avec la taxe carbone n’est pas simplement une fausse bonne idée, mais bel et bien une escroquerie intellectuelle qui voit s’associer dans une étrange alliance contre nature, la droite la plus réactionnaire et des verts manipulateurs.
« Il n’y a pas même à argumenter tant les ficelles de l’escroquerie sont grosses. Cette taxe est un pis-aller écolo-démago associé à la volonté bassement mercantile d’un gouvernement aux abois financièrement. Argumenter à ce niveau c’est faire dans le futile. Moi je préfère évidemment démontrer qu’il y a d’autres pistes pour diminuer tout à la fois notre dépendance vis à vis du pétrole et notre trace carbone à effet de serre ».
Prétexte politicien et supercherie
« Et rappeler que ce fameux effet dé serre était déjà décrit par Engels dans ses écrits sur la pollution de Londres à la fin du XIXème siècle. Prétendre découvrir aujourd’hui les ravages de la pollution c’est n’importe quoi. J’ai passé mon 3ème cycle d’écologie en 1962, nous étions 7 pour toute l’académie, et déjà l’effet de serre était une réalité démontrée. Lorsque je vois l’union sacrée entre messieurs Cohn-Bendit, Hulot et Sarkozy, je crie au prétexte politicien et à la supercherie. »
Recruté dès sa sortie de l’université par le C.E.A de Cadarache pour monter un inédit laboratoire de radio-écologie, Luc Foulquier n’aura cessé durant toute sa carrière d’ingénieur et de chercheur en écologie de recenser les facteurs les plus évidents de pollution atmosphérique. Avec la volonté de mettre en perspective les réalités et les solutions.
« Les climatologues nous ont alertés sans relâche »
« Il faut d’abord établir une liste rapide des facteurs de pollution atmosphérique les plus évidents. Le souffre des volcans, les poussières industrielles, les déjections animales, les pluies acides, les pollens, les particules du diesel... Tous ces facteurs sont connus et étudiés depuis longtemps. Mais tous ne sont pas facteurs d’accroissement du réchauffement. Les climatologues nous ont alerté sans relâche. Mais qui les a entendu ? Alors que dès les années soixante des scientifiques réunis autour du professeur Ramade à la demande de l’ONU décrivaient le processus et les risques de réchauffement accéléré, les politiques n’ont rien fait qu’attendre que l’écologie devienne une mode et une argutie politicienne. La déculturisation impressionnante des politiques et des médias aura permis l’état actuel des choses avec de vrais risques majeurs liés au réchauffement par la cause de l’homme essentiellement, mais pas seulement. Car il y a aussi la chaleur toujours plus forte du soleil dont on ne parle pas suffisamment et la chaleur interne de la Terre. En fait, depuis la dernière glaciation il y a 20.000 ans, le réchauffement aura été de 5 à 6°. Aujourd’hui l’activité humaine cause une hausse de 5 à 6° mais sur seulement 200 ans ».
Prendre de vraies mesures. Très vite
« C’est un rythme fou qui peut conduire à la catastrophe que l’on sait si l’homme ne réagit pas en modifiant ses modes de faire très vite. Et il n’y a pas que le gaz carbonique des véhicules ou du chauffage. Il y a aussi le méthane généré par les déjections animales. Un gaz qui a un effet 21 fois plus nocif que le C02. Et il y a les rejets industriels de protoxyde d’azote 310 fois plus nocif et de gaz fluorés, 23.000 fois plus nocifs. On le voit pour diminuer par 4 l’émission de gaz à effets de serre il ne suffira pas de forcer les français à moins circuler en voiture en surtaxant le carburant. Il va falloir prendre de vrais mesures très vite. Tout en sachant que les mesures prises aujourd’hui n’auront d’effet que dans 50 ans. »
Parmi les solutions avancées par Luc Foulquier, rien moins qu’un changement de système sociétal basé sur le nucléaire civil, les énergies alternatives et la gestion collective.
Faire cesser les scandaleux quotas de pollution
« Il nous faut agir sur le transport qui représente 34% des pollutions. En globalisant le ferroutage, les transports collectifs et en encourageant les véhicules vraiment propres. Il faut agir aussi sur l’industrie et faire cesser les scandaleux quotas de pollution. C’est 19 % de la pollution. Et il faut changer le mode de construction et d’urbanisme en définissant des normes sévères d’isolation et un retour à l’habitat collectif proche des lieux de travail. C’est ici 23 % à gagner. Mais le plus urgent c’est d’imaginer un nouveau mode de développement. Il nous faut un autre mode de vie et de pensée diamétralement opposé à l’actuel basé sur la consommation à cycle court et le mensonge. Mensonge sur le nucléaire par exemple. Alors que si la France est bien mieux placée que les plupart des autres pays européens c’est grâce à son électricité d’origine nucléaire. Comme la Suède dont les verts nous parlent en permanence. Et puis il y a le charbon que l’on sait aujourd’hui utiliser sans effets nocifs sur l’atmosphère. Nous avons en France plus de quatre siècles d’autonomie. Qui le dit ? le site de Gardanne était pionnier dans l’utilisation non polluante du charbon. On l’a fermé. »
Entretien Salvatore Lombardo (La Marseillaise, le 8 septembre)


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